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”Chez nous, nous sommes pour le respect de la constitution, ” Frank Habineza

Petition Submitted to Parliament
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Au moment où l’on assiste à des remous  politiques en Afrique suite à des révolutions et à des élections dont des fois les résultats ne font pas l’unanimité de la population, les politologues et les politiciens se prononcent sur le type de pouvoir qui éviterait  le désordre dans la société. Le président du  Democratic Party of Rwanda, le Parti des Verts, M. Frank Habineza, parle sans gueule de bois de la conception de son parti sur le projet de société et l’alternance politique qui assurent la paix durable dans chaque pays.

Interview Exclusive par La Nouvelle Releve:

Il revient dans un entretien sur le respect de la constitution…

La Nouvelle Relève (LNR): Actuellement en Afrique on assiste à des mouvements de contestation comme on le voit au Burundi, comme il en fut au Burkina Faso et  ailleurs. En tant que politicien puisque vous êtes président du parti, vous avez une explication spéciale sur ces différentes situations.

Frank Habineza (FH) : Chez nous, dans notre parti des verts du Rwanda, nous sommes pour le respect de la constitution.  Chaque pays dispose d’une constitution et c’est quand il ya le tripatouillage de la constitution que l’autorité suprême du pays est en désaccord avec la population car celle-ci n’a plus de confiance en ses dirigeants. Elle opte ainsi pour la voie de la rue. Des exemples comme l’Uganda, le Zimbabwe, le Cameroun, le Soudan  ont des constitutions qui ne limitent pas les mandats du président. Au Gabon, en Zambie comme au Togo lors des élections présidentielles, le candidat qui obtient beaucoup de voix est élu président sans devoir atteindre la barre de 50%. C’est leur constitution. Mais  si c’est dans une République, le pouvoir ne doit pas se transmettre de père en fils  car c’est contraire aux valeurs républicaines.   Mais il est des fois où ces constitutions sont violées et il ya des mouvements populaires.  Au  Burkina Faso, il ya eu la contestation populaire à cause de la volonté de changer la constitution et cela s’est produit quand je venais d’assister à une rencontre à Ouagadougou. Au Burundi voisin, la paix est perturbée à cause d’un seul mandat. Au Soudan  le président Omar Béchir est élu à plus de 90%  et ne peut pas lâcher à cause des  poursuites judiciaires…

Il faut respecter tous les articles de la constitution pour assurer la paix et la sécurité durable au pays.

LNR : Les mouvements de contestation, le tripatouillage des élections  et le non respect de la constitution donneraient raison à ceux qui disent que les Africains ne peuvent pas se diriger démocratiquement et qu’il faut leur donner la leçon de la démocratie.

FH : Cela est faut. Je l’explique : celui  ou celle qui dit que l’Afrique ne peut ne pas se diriger démocratiquement le fait sciemment comme celui qui a dit que l’Afrique n’est pas encore entrée dans l’histoire. La démocratie n’est pas occidentale car avant le contact avec l’Occident, il ya eu des Etats en Afrique qui avaient des structures démocratiques. Il faut rentrer dans l’histoire pour savoir qu’il ya eu des royaumes de Nubie, d’Axoum  pour remarquer que  l’Afrique a été le berceau de la  civilisation de la science et  il ne faut pas lui renier le berceau des institutions démocratiques.

LNR : Etes-vous démocrates dans votre parti ?

FH : Parlant de la démocratisation des partis politiques, nous devons  savoir qu’il existe une constitution qu’il faut respecter. En plus de cela, il ya la loi sur les partis  et le règlement d’ordre intérieur. Avec le respect de la loi, on évite des erreurs qui risquent de nous attirer les ennuis de la population.

LNR : Que pensez-vous des difficultés de l’alternance pacifique en Afrique.

FH: Le fait de s’accrocher au pouvoir relève de l’égoïsme, du népotisme et de l’exclusion des autres. La politique est un service à la population et l’on ne peut pas garder pour soi le service à la population. J’ai dit que le pouvoir relève de la volonte du peuple, il faut savoir partir quand il le faut . Quand on s’accroche on crée des problèmes.

LNR : Les pays occidentaux conditionnent l’aide au développement à une démocratie dans les pays africains.  Que pensez-vous de cette forme de coopération bilatérale?

FH : Normalement la coopération doit se faire  dans le respect réciproque. Je comprends mal comment un pays doit dicter un autre la voie à suivre.  Mais pour éviter qu’il y ait une immiscions étrangère dans les affaires internes d’un pays, il faut respecter la constitution, sinon il ya toujours la pression internationale.

LNR : Votre mot de la fin ?

FH:    Notre parti Democratic Green Democratic Parti of Rwanda  est membre du Forum des Formations politiques au Rwanda.  Concernant le débat actuel pour une modification de la constitution afin de permettre au président du Rwanda de briguer un troisième mandat, on est  pour le statu quo actuel. Le président est de notre côté, il ne faut ne pas modifier la constitution.

Source: http://lanouvellereleve.co.rw/chez-nous-nous-sommes-pour-le-respect-de-la-constitution-frank-habineza/

Des propos recueillis par Pascal Niyonsaba

  
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